la gestion de la douleur pendant l'accouchement

Avant mon accouchement, j’appréhendais énormément la douleur lors du travail. Vivant ma première grossesse, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. A quel point allais-je avoir mal ? Comment allais-je gérer cette douleur ? Celle que l’on dit souvent être la plus grande qui puisse exister me faisait peur. Pour me préparer au mieux à mon accouchement, j’ai donc suivi des cours de préparations à l’accouchement. La sage-femme que j’ai consultée m’a donnée de nombreux conseils. J’ai également décidé de me documenter le plus possible sur la douleur ressentie pendant l’accouchement et ce que l’on peut faire pour la gérer au mieux.

En effet, la douleur de l’accouchement est intense mais elle n’est pas insurmontable. S’il s’agit d’une première naissance, on peut être surpris voir même déstabilisé par cette nouvelle expérience. Au contraire, si l’on a déjà accouché, on peut redouter les difficultés rencontrées lors du premier accouchement, ou surpris par de nouvelles sensations. Dans tous les cas, il est important de se préparer, pour savoir un peu à quoi s’attendre. Qu’il s’agisse de votre premier accouchement ou non, que vous ayez choisi la péridurale ou pas, cet article regroupe les différentes techniques que vous pouvez utiliser lors de votre accouchement pour gérer la douleur

1.Le rôle de la douleur

Je pense tout d’abord qu’il est important de comprendre quel est le rôle de la douleur. Pourquoi a t’on si mal lors de l’accouchement ?

A ce propos, il faut savoir plusieurs choses. Tout d’abord, la douleur de l’accouchement est très différente de celle ressentie lors d’une blessure ou d’un traumatisme et indique que le processus de travail est en cours. En réponse à cette douleur, lorsque celle-ci est trop intense, le corps va alors réagir en produisant des hormones qui vont permettre d’apaiser un peu cette douleur et ainsi contribuer à faciliter l’accouchement. Ainsi, on ne parle que de douleur et pas de souffrance (qui a une dimension plus psychologique). En effet l’accouchement permettant la naissance de son enfant, la douleur qui accompagne la contraction de l’utérus est utile. Il ne s’agit donc pas de lutter contre la douleur, mais de l’accompagner et de la gérer.

Pendant la première partie de l’accouchement, qui correspond à la dilatation du col de l’utérus, la douleur est provoquée par les contractions qui ouvrent progressivement le col. Plus le travail avance et plus la douleur s’intensifie. C’est en fait une douleur d’effort, qui signifie que l’utérus (qui est un muscle) travaille. Cette douleur est également intermittente, c’est à dire qu’elle correspond au moment où l’utérus se contracte. Cela permet donc de récupérer un peu entre les contractions.

Ensuite (notamment dans le cas où l’on n’a pas de péridurale) lorsque la dilation est complète et que le bébé est descendu dans le bassin, la douleur des contractions est dépassée par une envie irrépressible de pousser.

La douleur ressentie lors de l’accouchement est donc provoquée par des mécanismes anatomiques divers mais précis. La particularité de la douleur est de ne pas être perçue par toutes les femmes de la même façon. En effet, certaines femmes possèdent peu de fibres nociceptives et sont donc moins sensibles aux informations douloureuses. D’autres vont sécréter davantage d’endomorphines permettant de lutter naturellement contre la douleur, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Par ailleurs, lorsque la tête du bébé est orientée d’une certaine manière dans le bassin, les douleurs lombaires ressenties sont beaucoup plus difficiles à supporter.

2.La dimension psychologique de la douleur

Si certaines femmes supportent facilement les contractions, d’autres ont de vives douleurs et se sentent rapidement dépassées par celles-ci alors qu’en début de travail, objectivement, la douleur est supportable à ce stade. Il est donc important de préciser que la douleur a toujours un caractère subjectif et personnel, suivant les expériences antérieures et le vécu de chacun.

En effet, la douleur de l’accouchement dépend également de l’état psychologique dans lequel nous nous trouvons. Ainsi, plus on se sent angoissé, plus on risque d’avoir mal. Tout au long de l’accouchement, l’organisme produit des hormones qui atténuent la douleur. Mais de nombreux éléments comme le stress, la peur ou la fatigue peuvent rompre ce processus naturel et empêcher les hormones d’agir.

Il est vrai que lorsque la douleur des contractions apparaît, la première réaction est de se fermer et de se recroqueviller. Mais accoucher demande un véritable lâcher-prise, de se connecter avec soi-même, avec ses sensations et avoir confiance dans sa capacité à accoucher.

3.Les mouvements

Ma sage-femme m’a également conseillée de marcher entre les contractions et d’effectuer des changements de position fréquents afin de stimuler la progression du travail. En effet, cela facilite la descente du bébé dans le bassin, diminue la perception de la douleur et augmente le confort ainsi que le bien-être du bébé.

Pendant le travail, il est donc conseillé de changer de position toutes les 15 à 30 minutes. Il faut éviter de rester couché sur le dos pendant plus de 30 minutes, car cette position peut entraîner une réduction de l’apport sanguin vers le bébé, causer une chute de pression et réduire le diamètre du bassin, ce qui rendra le passage du bébé plus difficile.

Ainsi, pendant le travail, on peut adopter différentes positions :

. Position verticale (assise, debout, accroupie) : cette position accélère la dilatation du col de l’utérus et la descente du bébé. Il est tout à fait conseillé de marcher, ou même de monter et descendre des escaliers (avec la surveillance de quelqu’un à nos côtés). On peut également utiliser les ballons pour adopter une bonne posture et faire de petits mouvements qui vont soulager un peu les douleurs et aider le bébé à descendre dans le bassin.

. La position latérale (couché sur le côté) : permet de se reposer sans freiner la progression du travail.

. La position à quatre pattes : elle peut être utilisée lorsque l’on ressent des douleurs lombaires importantes, à chaque contraction. Ainsi, cette position va aider à la rotation du bébé.

4.Favoriser la production d’endorphines

Les endorphines sont les hormones qui aident à accoucher et sont sécrétées par le corps lors d’une douleur importante. Ainsi, pour favoriser leur production lors de l’accouchement, un certain abandon est nécessaire.

Il est tout d’abord très important de se créer une bulle d’intimité. Cela veut dire, qu’il faut favoriser son intériorité, son instinct, ses sensations en se fermant aux stimulations extérieures. En pratique, cela peut passer par un éclairage tamisé, des chuchotements, ou encore la réduction des interventions.

Il faut également se sentir en sécurité et se laisser aller à son instinct, tout en ayant confiance en soi et en sa capacité à accoucher. Pour que notre corps puisse libérer des endorphines, et nous aide à faire face à la douleur, il faut être connecté à son cerveau primitif qui gère l’instinct, et ainsi laisser de côté la partie de notre cerveau qui organise et rationalise la vie pratique.

5. La visualisation

Avant l’accouchement, on peut utiliser la technique de la visualisation en s’imprégnant d’un scénario personnel qui va consister au cours de moment de détentes a visualiser son accouchement « rêvé ».

Pendant l’accouchement, cette technique consiste a visualiser les contractions. Lors de ma préparation à l’accouchement, la sage-femme m’a expliqué en quoi cela consistait. Lorsqu’une contraction commence, on peut imaginer son utérus en train de se contracter et de pousser le bébé dans le bassin. Il est important de ne penser qu’à la contraction que l’on est en train de vivre, sans penser aux suivantes pour les gérer une par une, et ainsi être bien ancrée dans le moment présent.

Elle m’avait aussi conseillé de toujours penser à mon bébé. En effet, il va bientôt naître, mais avant de prendre sa première respiration, il doit suivre un passage à l’intérieur du bassin. Visualiser cela peut aider à comprendre la douleur des contractions, rester en contact avec son bébé et l’accompagner par la pensée. Ainsi, se représenter les différentes étapes de l’accouchement peut aider à donner du sens à la douleur que l’on vit et permettre de dépasser des moments de doutes.

6.Les techniques de respiration

Au cours du travail, il faut privilégier des respirations lentes et profondes. Lorsqu’elles sont conscientes plutôt qu’automatiques, elles favorisent la détente et assurent une bonne oxygénation du bébé. Ainsi, lors d’une contraction il est important de se concentrer sur sa respiration.  C’est vraiment cette technique qui m’a aidée a bien gérer mes contractions durant le travail, surtout quand elles devenaient de plus en plus douloureuses.

7. Les bénéfices de l’eau

Dans la plupart des maternités, il est possible de prendre un bain afin de favoriser la relaxation et améliorer l’efficacité du travail. Afin de profiter de l’ensemble des bienfaits du bain, le ventre doit être complètement immergé dans l’eau. Être dans l’eau permet alors de bouger plus facilement et aide le bébé à mieux se positionner. De plus, la chaleur de l’eau favorise une meilleure circulation sanguine dans votre utérus et aide à détendre les muscles. Par conséquent, le bain chaud aide à soulager la douleur des contractions. Il permet soit d’accélérer le travail, soit de calmer un faux travail. Néanmoins, il est préférable de ne prendre un bain que si la poche des eaux n’a pas été rompue, afin de limiter les risques d’infections. Si la poche des eaux est rompue, il vaut mieux privilégier une douche chaude.

Après 1 à 2 heures passées dans le bain, on n’en ressent plus forcément les effets positifs. Il peut alors être intéressant d’utiliser une autre méthode pour soulager les douleurs.

8.Les massages

Le massage permet de relaxer les muscles tendus tout en réduisant l’anxiété. De plus, cela améliore la circulation sanguine et bloque la transmission des sensations douloureuses. Cette technique peut être intéressante en début de travail, lorsque les douleurs ne sont pas encore trop vives. Cela permet également au conjoint d’être impliqué dans ce moment.

9.L’acupression

L’acupression utilise la stimulation de points précis du corps pour procurer un effet anesthésiant dans le but de diminuer la douleur des contractions. Comme elle ne nécessite pas autant de précision que l’acupuncture, cette technique peut être pratiquée avec efficacité par votre conjoint avec un minimum d’instructions. C’est une technique intéressante qui peut avoir différents effets selon les points stimulés.

10.L’autohypnose

L’autohypnose ainsi que les techniques apparentées comme la sophrologie peuvent aider à vivre son accouchement dans le moment présent et à visualiser le tout positivement. Le but est d’atteindre un niveau de concentration où votre perception des sensations douloureuses sera réduite et remplacée par des pensées agréables.

11.L’utilisation du chaud et du froid

L’utilisation de compresses chaudes ou froides à l’endroit où la douleur est la plus intense (dos, bas-ventre) permet de diminuer la perception de la douleur. Ces compresses peuvent être utilisées tout au long de l’accouchement.