Récit de mon accouchement

Au cours de ma grossesse, et même avant je crois me souvenir, j’adorais lire les récits d’accouchement. Ce moment magique, un peu effrayant et éprouvant piquait ma curiosité. Au cours de ma grossesse, j’ai dû interroger toutes mes copines et les femmes de ma famille pour qu’elles me livrent comment s’était passé leurs accouchements. Autant dire que j’avais de multiples versions de cet évènement et que j’avais bien intégré que  chaque accouchement est unique. J’avais donc hâte de vivre ce moment, et en même temps j’avais peur … et c’est bien normal.

. Le contexte de mon accouchement

En ce qui me concerne, il y a maintenant quelques semaines, j’écrivais un article pour expliquer comment je me préparais a accoucher seule. Vous avez été nombreuses a réagir à cette publication, avec beaucoup de bienveillance d’ailleurs, alors je souhaitais vous expliquer comment cela s’est finalement déroulé pour moi…car un accouchement finalement c’est aussi beaucoup d’imprévus.

En début de grossesse j’appréhendais l’accouchement et puis finalement j’ai admis, que quoi qu’il arriverait dans 9 mois (ou un peu avant), il faudrait forcément en passer par là, pour pouvoir tenir mon petit garçon dans les bras. Au cours de la préparation à l’accouchement, que j’ai fait assez tardivement, de nombreuses questions me traversaient l’esprit et j’ai pu en discuter avec la sage-femme qui a su trouver les mots pour me rassurer.

Alors, j’ai maintenant envie de vous raconter cette magnifique journée, celle de la naissance de mon enfant. J’insiste sur le mot magnifique car ce fût tout simplement un accouchement incroyable que je serai prête à revivre sans hésitation si on me le demandait. Tout s’est fait dans la douceur, la sérénité, la confiance et l’amour. C’est donc avec beaucoup d’émotion que je vais me livrer a vous.

. 3 jours avant mon accouchement : ma séance avec une ostéopathe

Mais avant cela il faut remonter un peu dans le temps. Trois jours avant mon accouchement, je suis allée voir une ostéopathe. On me l’avait conseillé en fin de grossesse, pour préparer l’accouchement, et notamment la descente du bébé dans le bassin … et on m’avait même dit que parfois ça déclenchait naturellement les accouchements. Oh joie ! Mon mari avait prévu de rentrer en France pour 3 jours le lendemain. Le terme n’était prévu que dans 2 semaines, mais nous nous disions tous les deux, que si jamais notre petit bébé pouvait pointer maintenant le bout de son nez ça serait merveilleux, et ça nous permettrait de vivre cet événement magique ensemble. Nous savions que deux semaines avant le terme, il ne serait pas du tout prématuré, mais nous ne voulions pas d’un déclenchement médical pour autant.

Je me suis donc rendue a mon rendez-vous, sauf que je ne m’attendais pas du tout a vivre une séance aussi extraordinaire avec une ostéopathe absolument hors du commun.

Lorsque je suis arrivée dans son cabinet, on a très rapidement évoqué mon contexte familial (mon mari absent, mes parents qui devaient partir dans quelques jours a l’autre bout du monde, et que par conséquent j’allais probablement devoir accoucher seule…) En fait, il fût inutile que je lui explique les choses plus en détail, car avec beaucoup d’intuition et de bienveillance, elle a tout de suite compris ce que je vivais. Moi qui pensais me rendre chez une ostéopathe pour une manipulation, j’avais en fait l’impression d’être chez une psy ! Au bout de 5 minutes, j’avais déjà besoin de mouchoirs pour essuyer mes larmes. Elle avait compris que cette situation n’était pas facile à vivre pour moi, que j’essayais d’être une femme forte, que je disais à tout le monde que tout allait bien et que je gérais, mais en fait j’avais peur. C’est donc avec beaucoup de délicatesse, qu’elle m’a tout d’abord expliquée que j’avais le droit d’avoir peur et d’exprimer mes émotions. Elle m’a ensuite dit que désormais avec l’arrivée de ce bébé, nous allions vivre dans une temporalité différente et que nous allions devoir nous adapter à son rythme. Et que justement, la date de sa naissance dépendait de lui, et que nous devions nous ajuster à lui. Ca avait du sens, et je l’ai tout de suite compris.

Au cours de la séance, elle m’a fait expérimenter des techniques de visualisation, afin de vivre mon accouchement a venir avec plus de sérénité et être apaisée. J’ai ensuite parlé a mon bébé pour lui expliquer que j’étais prête a ce qu’il vienne au monde, que j’avais hâte mais que j’attendrais qu’il soit prêt lui aussi, tout cela avec beaucoup de douceur et d’amour. Elle a ensuite pratiqué une séance de magnétisme. Je dois dire que j’étais assez sceptique, et que je n’avais jamais rencontré de magnétiseur, mais la personne qu’elle est, son approche, sa bienveillance, a su me faire mettre de côté mes aprioris.

Je dois dire que je suis sortie de cette séance un peu chamboulée, en me disant finalement que peu importe le moment où j’accoucherai, je me sentais vraiment sereine.

. 2 jours avant mon accouchement

Le lendemain, donc deux jours avant mon accouchement, mon mari est rentré en France pour 3 jours. J’avais des contractions mais elles n’étaient ni vraiment régulières ni vraiment douloureuses.

. 1 jour avant mon accouchement

Ce n’est que le jour d’après que les choses se sont un peu accélérées. J’avais toujours des contractions assez régulières, mais pas très douloureuses. En même temps pour un premier enfant, on ne sait pas vraiment a quoi s’attendre. Nous avons donc décidé avec mon mari, dans la matinée d’aller à la maternité pour savoir un peu où en était mon col de l’utérus. Lorsque nous sommes arrivés, j’ai tout de suite été prise en charge par une sage-femme. Après un monitoring montrant de petites contractions, pas très régulières, elle m’a annoncé que mon col était ouvert à un doigt. Nous lui avons donc expliqué que mon mari devait repartir le lendemain, mais que si j’accouchais il pourrait rester. Elle nous a donc proposé de faire un décollement de membrane, pour accélérer un peu les choses, ce que j’ai accepté. L’occasion était inespérée, j’allais peut être pouvoir accoucher avec mon mari a mes côtés. Cependant, je dois reconnaître que c’est un acte assez douloureux.

Je suis ensuite rentrée chez moi et j’ai commencé à avoir des contractions un peu plus douloureuses. Avec mon mari nous avons passé l’après-midi a nous balader, à monter et descendre des escaliers, dans l’espoir que ça puisse continuer a accélérer un peu les choses. Je crois que je n’avais pas autant monté et descendu des escaliers depuis le début de ma grossesse, préférant m’économiser en prenant l’ascenseur le plus souvent possible ! Mais tout cela a porté ses fruits, puisque dans la soirée, les contractions sont devenues de plus en plus régulières et de plus en plus douloureuses.

Hasard du destin, il y avait ce soir là mon mari, mes parents qui n’étaient pas encore partis en vacances et mes beaux-parents qui rentraient de vacances, et faisaient une petite halte chez nous sur la route du retour. Moi qui devais accoucher seule, il y avait finalement tout le monde autour de moi.

J’avais déjà eu des « fausses alertes » avec des contractions régulières pendant 2 heures, puis plus rien après la prise d’un spasfon. Mais là je sentais que c’était différent, que cette fois-ci on y était, j’allais accoucher ! C’est assez difficile de décrire l’état d’esprit dans lequel on peut se trouver a ce moment là, tellement de sentiments se mêlent en même temps, entre joie, excitation et appréhension.

. Le jour J : le départ pour la maternité

Après avoir pris un bain et avoir rassemblé mes affaires, ma maman nous a déposé à la maternité vers 1 heure du matin. Nous avons donc d’abord été dans une première salle où la sage-femme a posé un monitoring et vérifié mon col de l’uterus. Elle m’a alors annoncé qu’il n’avait pas beaucoup bougé depuis le matin…. Quelle déception ! Toutes ces contractions douloureuses pour rien ?!

Pendant toute ma grossesse je ne savais pas si je souhaitais une péridurale ou pas, mais j’avais quand même fait le rendez-vous avec l’anesthésiste comme il est recommandé de le faire.  Je m’étais laissée la possibilité de choisir pour de nombreuses raisons. Mais en arrivant à la maternité, je savais que je la voulais ! J’ai donc eu droit à quelques gentilles moqueries de mon mari, car au cours de ma grossesse j’annonçais assez volontiers que j’accoucherai sans péridurale ! Les contractions étaient supportables certes, mais vraiment douloureuses. Je crois que mon envie de vivre ce moment avec mon mari (ce qui était en soi était vraiment exceptionnel compte tenu de notre situation), sans souffrir affreusement a pris le pas sur mon envie de vivre un accouchement naturel sans péridurale, dans la douleur et le dépassement de soi quelque part.  D’ailleurs si c’était à refaire, je prendrais exactement la même décision.

. L’entrée en salle de naissance

Quelques heures après mon admission a la maternité, vers 4h00 du matin, lorsque le col a été suffisamment ouvert, la sage-femme m’a proposée que l’on fasse venir l’anesthésiste pour la pose de la péridurale, ce que j’ai accepté.

Je suis donc passée en salle de naissance. L’anesthésiste est arrivée au bout de quelques minutes et a demandé à mon mari de sortir (ce qui est courant). Elle m’a ensuite expliqué les étapes de la péridurale : nettoyage de la zone, mise en position, première piqure anesthésiante de la zone et ensuite pose de la péridurale.
Je dois dire que j’avais vraiment hâte que le médecin pose la péridurale pour être soulagée le plus rapidement possible.
La contraction passée, l’anesthésiste m’a piqué en bas du dos pour procéder à l’anesthésie de la zone. Nous avons ensuite attendu qu’une nouvelle contraction arrive et se termine pour poser la péridurale.

Au bout d’une dizaine de minutes, les contractions très douloureuses ont disparu, pour laisser place a une douleur beaucoup plus faible et donc tout a fait supportable. On m’a laissé une pompe me permettant de réinjecter du produit si je ressentais encore des contractions. Je l’ai utilisée quelques fois, pour ne pas attendre que la douleur s’installe. Ainsi, nous avons pu nous reposer et même un peu dormir car nous savions qu’il y aurait encore quelques heures avant l’étape finale !

Finalement les choses sont passées plus rapidement que prévu car mon col s’est vite dilaté.

. L’étape finale

Au bout d’un moment j’ai eu a nouveau des contractions douloureuses et comme une extrême envie de pousser. J’étais toujours installée sur le coté gauche sur mon coussin de grossesse, la jambe droite légèrement relevée (ce qui favorise la descente du bébé) et je sentais comme une pression en bas du bassin. J’ai donc appelé la sage-femme, qui m’a examinée. Effectivement le col était complètement dilaté et nous allions bientôt passer aux choses sérieuses. Elle m’a également expliquée qu’il était courant que la péridurale ne fonctionne plus très bien a ce moment la. Elle m’a donc dit ce que j’allais devoir faire et la façon dont je devrais pousser et m’a demandé de m’entrainer. Après une quizaine de minutes, le temps que la sage-femme se prépare, et que l’auxiliaire de puériculture arrive, le phase d’expulsion a enfin pu commencer. La péridurale ne faisait plus effet, et je ressentais toutes mes contractions. La sage-femme m’a conseillé de ne pas refaire venir l’anesthésiste. En effet, en sentant bien mes contractions, je pousserais mieux. C’est alors aidée de la sage-femme, de l’auxiliaire et de mon mari que j’ai dû pousser de toutes mes forces pendant de longues, de très longues minutes. J’avais vraiment peur de ne pas assez bien pousser ; de ne pas pousser assez fort ou au contraire de poussez trop fort. J’avais peur d’une épisiotomie, ou pire d’une grosse déchirure. Je me souviens avoir eu mal, vraiment très mal et que le temps me semblait infiniment long. Au bout d’un moment j’ai demandé à la sage-femme où on en était. Elle m’a annoncé que ça ne faisait que quinze minutes. Je savais très bien que la phase d’expulsion durait généralement au moins trente minutes, et que par conséquent, j’en avais pas encore fini.

J’entendais mon mari qui était placé a ma droite, au niveau de ma tête, qui me motivait, me rassurait avec de gentils mots, sa main posée sur ma nuque pour m’aider à l’enrouler autour de mon ventre. Je suivais ce que me disais la sage-femme et je récupérais entre les contractions. Certes, j’avais terriblement mal, mais j’étais complètement actrice de ce que j’étais en train de vivre, de mon accouchement. C’était extrêmement douloureux et en même temps complètement magique. Je ressentais les contractions, c’est moi qui disais quand elles arrivaient et quand j’allais pousser.

Au bout d’un certain temps, la sage-femme m’a annoncé qu’elle voyait la tête de mon bébé et que ça serait bientôt fini. J’ai alors vraiment utilisé toute mon énergie et toutes mes ressources en poussant à chaque fois le plus fort possible. J’ai ressenti comme une immense sensation de brûlure, au moment où la tête du bébé est sortie, puis plus rien. Mon petit homme venait de naître. Quelle sensation étrange et magique que de voir ce petit être que la sage-femme a déposé sur mon ventre. Il n’y a pas de mots pour décrire ce moment. Je me suis simplement mise a pleurer lorsque je l’ai pris dans mes bras. L’émotion était si forte. Je venais de vivre l’expérience la plus intense de toute ma vie.

Notre bébé a pleuré immédiatement, quelques petits cris qui annonçaient la vie, le début de notre histoire à trois.  Ce tout premier regard, les toutes premières caresses, les tous premiers baisers sont à jamais gravés dans ma mémoire et je ne cesse de me les remémorer depuis sa naissance.

J’ai eu une chance incroyable d’avoir un si bel accouchement. Le personnel de la maternité a été extraodinaire et les femmes qui m’ont aidées a accoucher ont largement contribuer a rendre mon accouchement si magique. J’ai eu des douleurs dans la phase de travail avant la pose de la péridurale et au moment de l’expulsion car celle-ci ne faisait plus effet, mais malgré cela je garde le souvenir d’un merveilleux moment. Je n’ai finalement pas eu d’épisiotomie, et une très légère déchirure ne nécessitant que deux points de suture.

. Les premiers moments après la naissance

Après la naissance de notre bébé, je suis restée en salle de naissance pour vérifier que tout allait bien et que la délivrance du placenta se déroulait normalement, ce qui fût le cas. Pendant ce temps là, mon mari et notre bébé étaient dans la pièce d’à côté avec l’auxiliaire pour les premiers soins et la fameuse pesée. 3,2 kg pour 49 cm, un joli petit bébé en pleine forme.

Mon mari est ensuite revenu dans la salle de naissance avec lui dans les bras et nous sommes restés tous les trois pendant deux heures dans la salle en attendant que je me remette un peu tout cela. Ce fût également le moment de la première tétée. L’auxiliaire m’a aidé à le mettre au sein. J’avais peur de mal faire, qu’il soit mal positionné et risquer une crevasse le premier jour … mais finalement tout s’est très bien passé et nous avons pu profiter de ce moment tous ensemble. Nous avons ensuite décidé d’appeler notre famille pour leur annoncer la belle nouvelle.

Ce jour là, notre vie a changé et est devenue encore plus belle qu’elle ne l’était. Il m’a changé, m’a transformé, m’a rendu meilleure,. Il m’a fait devenir une maman.